Etude des coraux d'eau froide du Golfe de Gascogne : retour sur la dernière campagne ChEReef 2025
La campagne océanographique ChEReef 2025 s’est achevée le 2 septembre dernier à bord du un navire océanographique français de l'Ifremer, le Pourquoi pas ?. C’est aussi la fin du projet ChEReef (Characterization and Ecology of cold-water coral Reefs) qui visait à évaluer l'état de santé des coraux d'eau froide du golfe de Gascogne.
Dans le cadre de l’action d’évaluation l’état de conservation des habitats du Life Marha (A2), l’Ifremer a réalisé un volet d’étude sur les coraux d’eau froide du golfe de Gascogne visant à décrire et comprendre la distribution de ces récifs coralliens à l’échelle d’un canyon mais aussi la dynamique temporelle des espèces ingénieures qui structurent ces habitats.
Dans ce contexte, un observatoire fond de mer « MARLEY » a été déployé dans le canyon de Lampaul, au large de la Bretagne, depuis 2021. Cinq campagnes océanographiques ont été menées et ont permis de réaliser des centaines de kilomètres de profils, des expériences pour comprendre la physiologie et le fonctionnement des coraux, des prélèvements pour analyser leur environnement et les relations trophiques interspécifiques, et l’enregistrement de vidéos in situ sur quatre années pour étudier leur comportement et leurs interactions biotiques.
L’analyse des données récoltées se poursuit
Verdict ? Depuis 2021, dans le canyon de Lampaul, l'état de santé des coraux se dégrade sur un jardin de coraux situé à 800 mètres de profondeur. Une colonie filmée quotidiennement depuis 2021 a été décimée en 2024 par de petits gastéropodes prédateurs. La cartographie du jardin de coraux réalisée en 2025 suggère que cette mortalité affecte l’ensemble de l’habitat. Les causes de cette mortalité massive ne sont pas encore connues mais la pluridisciplinarité des mesures de suivi mises en œuvre devrait permettre de mieux les comprendre. Sur les falaises plus profondes, à 1600 mètres, les coraux semblent mieux résister, et de beaux massifs coralliens sont encore observés.
« L’analyse des données se poursuit, afin de mieux comprendre cette évolution en espérant pouvoir retourner sur site d'ici quelques années ! » Julie Tourolle, ingénieure de recherche en écologie benthique et co-cheffe des missions ChEReef.
Pour en savoir plus :
DOI des campagnes : https://doi.org/10.18142/248
Journal de bord : https://www.facebook.com/CampagneChereef