Logos financeurs marha : Life, Natura 2000, Ministère de la transition écologiques
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Face à une dégradation continue et inquiétante de l’état de santé et des services écosystémiques rendus par les habitats marins, l’Europe fait face à un contexte exigeant en matière de restauration des habitats naturels. Contexte également exigeant sur le plan politique, au moment où le règlement européen pour la restauration de la nature vient fixer des objectifs très ambitieux après 30 années d’application insuffisante des directives Natura 2000.  

En 2024, le Life Marha a publié une note technique (Sagan et al., 2024) visant à comprendre les contextes, méthodes, techniques, atouts et limites de la restauration des habitats marins. 

 

 

Elle vise à éclairer les travaux et réflexions des gestionnaires d’aires marines protégées (AMP) dont les services de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), mais également des services déconcentrés de l’Etat dans le cadre de l’instruction des travaux et projets déployés sur l’espace marin et le domaine public maritime. Elle doit pouvoir alimenter les réflexions qui s’imposent dans le cadre de la mise en œuvre du Règlement européen sur la restauration de la nature.
Basée sur la définition proposée par PatriNat (Lagorge et al., 2024), il ressort différents critères pour qu’un projet corresponde à la définition de restauration écologique : 

  • # 1 (Objet) : partir d’un écosystème dégradé ET ;
  • # 2 (Objet) : considérer l’ensemble des composantes d’un écosystème à savoir abiotiques, biotiques (en considérant les communautés représentatives de l’écosystème) et fonctionnelles ET ;
  • # 3 (Objectif) : viser la récupération (état dégradé) vers un état de référence « connu » (de l’ensemble des composantes) ET ;
  • # 4 (Objectif) : garantir l’intégrité de l’écosystème à long terme (sans maintien de mesure(s) de restauration) ET ;
  • # 5 (Méthode) : définir l’état initial et qualifier la “dégradation” ET ;
  • # 6 (Méthode) : définir l’état de référence d’un écosystème (en justifiant ce choix) ET ;
  • # 7 (Méthode) : identifier le(s) pression(s) à l’origine de la dégradation ET ;
  • # 8 (Méthode) : être caractérisé par un processus intentionnel ET ;
  • # 9 (Méthode) : évaluer le niveau d’intervention nécessaire à l’atteinte de l’objectif (choix de la stratégie d’intervention) ET ;
  • # 10 (Méthode) : éliminer les pressions à l’origine de l’état dégradé OU les réduire à un niveau soutenable par l’écosystème OU prouver qu’elles n’ont plus cours ET ;
  • # 11 (Progression vers l’objectif) : suivre/attester de la récupération (état et/ou surface) de l’ensemble des composantes de l’écosystème vers l’état référence (démontrer l’efficacité de(s) mesure(s) / décrire la trajectoire écologique).

Où l’on entend par : 

  • Objet de la restauration : ensemble des différentes composantes d’un écosystème ayant subi des dégradations ;
  • Objectif de la restauration : récupération de l’écosystème (l'ensemble des composantes) en prenant comme référence un état qu’on souhaite rétablir ou atteindre. Cette référence doit se baser sur un « modèle d’écosystème » intègre et fonctionnel dont on s’est éloigné en raison des dégradations.
  • Méthode de la restauration : processus réparateur se traduisant par des interventions pour amorcer ou assister la récupération de l’écosystème (allant d’interventions pour limiter les pressions à un niveau suffisant pour permettre la récupération spontanée de l’écosystème, à des actions sur les composantes de l’écosystème pour assister sa récupération).
     

Consulter le rapport PatriNat « La restauration écologique en mer : analyse sémantique, concepts associés et stratégies d’intervention » ici >>>