Sur la base du constat de mauvais état général des habitats benthiques, et donc de l'application insuffisante des directives Natura 2000 en mer, les 14 partenaires du Life Marha avaient pour mandat d’améliorer la mise en œuvre de cette politique. En auditant l’ensemble des thématiques liées à son déploiement, les partenaires du Life Marha ont nettement identifié trois causes majeures, expliquant l’état actuel des habitats marins, et donc les leviers associés sur lesquels agir pour tenter d’inverser la trajectoire :
Alors qu’elle constitue l’outil principal de protection et de gestion des écosystèmes naturels, il a été montré que l’évaluation environnementale appliquée aux plans, programmes et projets, était largement insuffisamment mise en œuvre. De fait, la grande majorité des usages en mer, générant des pressions significatives, est soit non évaluée, soit évaluée à charge pour l’environnement.
Ceci s’explique par plusieurs causes dont la manque de moyens d’instruction, le manque de formation des agents pour l’instruction comme pour le contrôle, mais aussi des éléments de doctrine et de posture de l’administration.
Il s’est également avéré que les gestionnaires n’étaient pas suffisamment formés, et étaient trop peu nombreux pour assurer une gestion efficace. Il est à noté que beaucoup sont directement employés par les collectivités locales et manquent, de fait, d’indépendance d’action et d’évaluation.
Enfin, il a également été identifié que les usagers de la mer manquaient d’informations et justifiaient, de bonne ou mauvaise foi, de l’innocuité de leurs pratiques.
La plupart des Comités de pilotage Natura2000 se réunissent une fois par an, pour partager un bilan des travaux menés, et présenter les actions à venir. Or, ces COPIL sont de réelles et rares opportunités de disposer d’arènes de concertation et de gestion démocratiques des sites côtiers et marins.
Il a ainsi été identifié qu’il était nécessaire que les membres des COPIL soient davantage informés sur leur rôle afin qu’ils prennent part aux décisions, qu’ils interviennent sur la gestion, et que la société organisée autour des enjeux d’un site puisse s’approprier ces derniers et les gérer en responsabilité, au lieu d’assister passivement à la dégradation des écosystèmes, et la perte des services écosystémiques et des activités dépendant de la santé de la mer.
Les décideurs politiques et administratifs, influencés par leur proximité sociale avec les usagers de la mer et par une realpolitik fondée sur l’économie de court terme et la paix sociale, sont généralement enclins à favoriser les plans, programmes et projets socialement et économiquement faciles à valoriser en négligeant l’impact environnemental, mais également social et économique de moyen et long terme. Il a ainsi été identifié comme nécessaire d’améliorer leur connaissance et leur compréhension des mécanismes d’interactions entre usages et écosystèmes, à tous les niveaux de décision.
En savoir plus sur les actions mises en œuvre par le Life Marha afin d'agir sur ces trois leviers :